Eric DANON
Éric Danon a partagé sa carrière entre la diplomatie et le secteur privé. Il a notamment été Ambassadeur de France en Israël de 2019 à 2023 après avoir été Directeur politique adjoint au Quai d’Orsay (2016-2019), Conseiller diplomatique d’Interpol (2012-2013), Ambassadeur pour le désarmement à Genève (2008-2012), Directeur de Cabinet du ministre de la Coopération et de la francophonie (1999–2000) et Sous-Directeur de la Sécurité (1995-1999) en charge des aspects diplomatiques de la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Dans le secteur privé, il a travaillé à l’Aérospatiale puis a dirigé la société familiale d’import-export agro-alimentaire avant de créer ses propres sociétés de conseil et de haute technologie. Il est aujourd’hui consultant international dans ses domaines de spécialité : la géostratégie, la défense et la sécurité. Normalien (1977-82), agrégé de physique (1980), diplômé de Sciences Po Paris (1983) et énarque (1984-86), il enseigne la géopolitique des conflits dans plusieurs universités (Paris, Nice Côte d’Azur, La Roche-sur-Yon, Sciences Po Lille). Éric Danon est administrateur de cinq fondations et associations publiques et privées. Il intervient régulièrement dans les médias et comme conférencier sur la situation au Proche-Orient.
À l’initiative d’Anne-Gabrielle Heilbronner, Présidente de l’Institut Aspen France, les membres d’Aspen se sont réunis lors du dernier déjeuner géopolitique de l’année pour échanger sur les perspectives pour Israël et le Moyen-Orient, deux mois après l’adoption du plan de paix pour Gaza. Les discussions, modérées par Jean-Christophe Bas, se sont appuyées sur l’éclairage d’Eric Danon, ancien ambassadeur de France en Israël (2019-2022). La réunion s’est ouverte par une pensée pour le drame survenu en Australie, dans un contexte de montée de l’antisémitisme.
La conversation a notamment permis de relever les lignes de fractures de la région aujourd’hui :
🔹 Une société israélienne profondément divisée
La situation intérieure israélienne constitue le point de départ de toute analyse. Le pays est traversé par des divisions politiques et sociales marquées, structurées par la conduite de la guerre et la question des otages. Deux priorités se sont opposées : poursuivre l’effort militaire ou faire du retour des otages l’objectif central.
🔹 Les otages au cœur du débat national
Cette question concentre une souffrance collective profonde tout en produisant un effet de cohésion sociale. Elle met cependant en lumière des divergences stratégiques persistantes sur l’ordre des priorités et la direction politique du pays.
🔹 Une supériorité militaire contrastée
Israël s’impose comme la puissance militaire dominante face à l’axe Iran–Hezbollah–Hamas–Houtis, affaibli mais non éliminé. Cette supériorité s’accompagne toutefois d’une dégradation de son image internationale.
🔹 Des recompositions régionales en cours
L’affaiblissement du Hezbollah ouvre de nouvelles perspectives politiques au Liban. Au Yémen, un apaisement relatif s’observe, tandis qu’en Syrie les équilibres demeurent incertains.
🔹 Rivalités régionales et centralité palestinienne
Les rivalités entre puissances sunnites, Turquie et Arabie saoudite, s’intensifient. Malgré son affaiblissement, l’Iran reste un acteur structurant, tandis que la question palestinienne conserve une forte portée politique et identitaire dans de nombreux pays arabes.
🔹 Un conflit désormais globalisé
Le conflit israélo-palestinien s’inscrit de plus en plus dans une lecture globale. Le positionnement américain constitue un facteur clé : Donald Trump apparaît davantage comme un partisan des cessez-le-feu, attentif aux attentes de son électorat, ce qui pourrait introduire des frictions avec la ligne du gouvernement de Benjamin Netanyahou. Toute perspective de paix durable repose néanmoins sur la reconnaissance mutuelle de l’existence et de la légitimité des parties, condition indispensable à une stabilisation de long terme.
🔎 Comme le rappelait le président Truman :
« Si vous avez les idées claires sur le Moyen-Orient, c’est que vous êtes mal informés. »
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