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Quelles conséquences géopolitiques de la crise du Covid-19 ? Analyse et perspective d’évolution

Hubert VEDRINE

Ancien Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France

Jeudi 23 avril 2020, Hubert Védrine a été invité par l’Institut Aspen, et son partenaire EY, à participer à un webinar, sur le thème « Quelles conséquences géopolitiques de la crise du Covid-19 ? Analyse et perspective d’évolution ». Demain est encore incertain. La veille, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, a déclaré, dans une interview donnée au journal Le Monde, redouter que « le monde d’après ne ressemble au monde d’avant, mais en pire ». Les plus optimistes y voient eux une promesse de changement, et l’espoir d’un monde plus juste et plus propre. Riche d’une longue expérience dans la diplomatie française, l’ancien ministre a donné sa vision.

 Comme l’a rappelé Hubert Védrine, la crise du Covid 2019 est sans précédent : c’est la première fois que toute l’humanité fait face, en même temps, à la même peur. Alors que les prophètes de la mondialisation prévoyaient un effacement inexorable des Etats nations, on assiste à leur résurgence. Partout, les citoyens se tournent vers leur gouvernement. Elle révèle d’ailleurs des lacunes de certains dans la gestion de la crise : La Corée du sud, Hong Kong, l’Allemagne (ou plutôt ses Landers) ou encore l’Autriche s’en sortent mieux que leurs voisins, moins prévoyants. Elle met aussi en lumière la fragilité des solidarités internationales et les jeux de rapports de force entre Etats. Enfin, beaucoup espèrent que la crise marque un nouveau départ. En ces temps de confinement, les habitudes de consommation changent, la pollution baisse et la nature reprend peu à peu ses droits. Un monde plus propre semble possible. A la question « A quoi ressemblera demain ? », avec toutes les précautions que requiert l’inédit de la crise, Hubert Védrine envisage quelques pistes.

 

Le monde va d’abord devoir s’habituer à faire face aux pandémies. Les comportements risquent de changer. C’est la fin d’une certaine insouciance. Certainement, l’OMS sera restructurée, afin de permettre des réponses plus immédiates, et de gagner en indépendance : elle ne peut plus être subordonnée aux bon vouloir des Etats. Pour l’Union Européenne, s’il est peu probable que ses membres décident d’un regain de gouvernance, ils chercheront à en clarifier le rôle. Elle pourra préciser certaines coopérations, et en définir d’autres. Après la contraction des distances, qui rend possible la production à « l’autre bout du monde », la proximité géographique revient à l’ordre du jour. L’UE n’aurait-elle pas intérêt à une réindustrialisation du Maghreb, qui permettrait par la même occasion, de réduire les flux migratoires. D’autres points ont été abordés : l’évolution du regard que les démocraties occidentales portent sur des régimes différents (comme sur le système chinois), l’impact de la crise sur les présidentielles américaines (il est selon lui trop tôt pour établir des pronostics) ou encore l’avenir du tourisme de masse. 

 

Hubert Védrine est diplômé de Sciences Po Paris et de l’ENA dont il sort en 1974 (promotion Simone Weil) au Ministère de la culture. En 1979, il rejoint la Direction Générale des Relations Culturelles, Scientifiques et Techniques du Ministère des Affaires étrangères. Entre-temps, en 1978, il est élu député suppléant (PS) dans la première circonscription de la Nièvre. En 1981, le Président François Mitterrand l’appelle à l’Élysée à 34 ans comme Conseiller diplomatique. Il devient porte-parole de l’Élysée en 1988 après la réélection de François Mitterrand, puis secrétaire général en 1991. Il le restera jusqu’en 1995, ayant passé quatorze années à l’Élysée. Cette année-là, Hubert Védrine rejoint le Conseil d’État – où il est nommé, en 1986, Maître des requêtes. En 1996, il rejoint le cabinet d’avocats Jeantet et Associés. 
En mai 1997, après la victoire du Parti Socialiste aux législatives, le Président Jacques Chirac le nomme Ministre des Affaires étrangères, fonction qu’il conservera cinq ans jusqu’au terme de la cohabitation en mai 2002. En 2003, Hubert Védrine crée une société de conseil en stratégie géopolitique : Hubert Védrine Conseil. Il travaille à ce titre avec plusieurs grandes entreprises françaises. Il a un partenariat particulier avec le Cabinet d’avocats Gide Loyrette Nouel. En 2007, Hubert Védrine rédige un « Rapport au Président de la République sur la France et la mondialisation ». En novembre 2012, Hubert Védrine remet au Président Hollande un « Rapport sur les conséquences du retour de la France dans l’OTAN, sur la relation transatlantique et sur l’Europe de la défense ». 
En 2013-2014, il préside la commission qui rédige un rapport sur les perspectives économiques entre l’Afrique et la France. En 2019, il réécrit son essai Sauver l’Europe (Editions Liana Levi).

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