🇪🇺 Destruction créatrice à l’européenne et optimisme de volonté; tels ont été les deux axes de la discussion avec Philippe Aghion, Prix Nobel d’Économie 2025, animée par Christine Ockrent ce matin.
Dans un monde où l’innovation accentue les rapports de force, une ligne de crête se dessine pour l’Europe : ne pas choisir entre protection et innovation, mais construire un modèle capable de tenir les deux.
🔷 L’Europe a des atouts structurels majeurs, souvent sous-estimés – recherche, modèle social, soft power démocratique – qu’elle n’exploite pas faute d’écosystème financier, de politique industrielle et de volonté politique coordonnées.
🔷 La Chine est un compétiteur technologique redoutable, mais la liberté intellectuelle reste un avantage décisif de l’Occident pour les ruptures de paradigme dans l’innovation.
🔷 L’IA représente un levier de croissance considérable, à condition de réformer simultanément l’éducation, la régulation et le marché du travail — sans opposer performance et protection sociale.
🔷 La nouvelle mondialisation devra être construite autour d’une « coalition de volontaires » partageant les mêmes valeurs, avec un noyau franco-allemand solide — ce qui suppose que la France règle d’abord ses problèmes politiques et budgétaires.
🔷 Le triangle entreprise–État–société civile est la structure de base d’un écosystème d’innovation sain : les trois sommets sont nécessaires, et l’affaiblissement de l’un d’eux fragilise l’ensemble.
Accueillir Philippe Aghion, c’est se confronter à l’énergie d’un optimiste de volonté, qui choisit de regarder nos défis comme autant d’opportunités de réagir et de construire.
Il conjugue l’optimisme du chercheur, qui avance dès qu’il perçoit une voie possible, et « l’optimisme du résistant » : celui que l’on cultive précisément parce qu’il y a des leviers sur lesquels on peut agir.
🙏 Merci à AlixPartners pour son soutien et à White & Case LLP que nous sommes heureux d’accueillir comme nouveau co-mécène de la série Géoéconomie.



